« JE VOUS AIME ».

« WAW QUEL TITRE PEACE AND LOVE », « QUEL HIPPIE », OU « GÉNIAL, ENFIN QUELQU’UN DANS L’AMOUR DE SON PROCHAIN, DE L’AUTRE », « COMMENT ÇA? »

Il y a de nombreuses manières d’interpréter ce titre. Il est pourtant, aussi simple et puissant que les trois mots qui le composent. Qui que vous soyez, ou que vous soyez, quoi que vous fassiez, je vous aime. Il se peut que je désapprouve totalement vos actes, que l’on ne puisse s’entendre sur aucun sujet, que je vous exaspère prodigieusement ou que l’on ait aucun intérêt l’un pour l’autre.

Et malgré tout cela, je vous aime.

Je ne saute pas dessus chaque inconnu/e, pour lui faire des enfants non plus je vous rassure, j’ai simplement accepté, un profond amour que j’ai pour l’humanité, et ce depuis toujours. Un amour qui lorsqu’il est accepté, se trouve complètement décorrélé de tout autre indicateur.

Par exemple, pour moi l’amour n’est en rien corrélé avec l’intérêt, il y a des personnes que j’aime énormément, depuis toujours, qui m’ennuient souvent, je n’ai pas beaucoup en commun avec eux.

Cruel? Pas si sûr.

Si l’on y réfléchit, on ne choisit pas vraiment qui l’on aime, et on ne sait pas toujours pourquoi. Par contre on sait souvent pourquoi, on trouve quelqu’un intéressant, et si l’on se rapproche de la personne, c’est qu’elle semble intéressante. C’est souvent en partageant quelque chose avec l’autre, comme un centre d’intérêt commun, ou un évènement spécifique, une ressemblance dans l’apparence/style de vie etc. etc …

Je ne dénigre en aucun cas ces relations, elles sont extraordinaires, on les chérit plus que les autres car on les considère plus importantes (qui ne préfère pas sa famille/ ses amis/ sa communauté,  à de parfaits inconnus?).

Simplement il y a un danger en différenciant, ces relations aux intérêts communs, et les autres.

En effet on a parfois tendance à faire tellement la différence entre notre propre cercle (ses proches+ soi-même) et le reste du monde. Qu’ainsi naît le communautarisme. Il semble souvent inoffensif, et pourtant, il creuse parfois bien des écarts entre les humains. On en vient à ne pas accepter les cultures différentes, à les juger, à s’en moquer.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas se lier profondément avec d’autres personnes, simplement rester vigilant à ne pas se sentir différent des personnes en dehors de ces liens, qui vivent exactement le même type de liens, ce qui donnent naissance à des mouvements intéressants et puissants, mais aussi très destructeurs lorsqu’ils s’opposent. (le racisme est le cas le plus connu, mais on a aussi des oppositions dans des critères basées, sur tant d’autres sujets, que la couleur de peau, la religion, a une bonne place sur le podium).

On pousse tellement cette identification, que non seulement on se dit appartenir à un ou plusieurs groupes, on s’identifie culturellement (ex: Patriote/riche/musicien etc, ou autre immigré/free-lance/geek (des associations aléatoires). Mais on va notamment plus loin, en identifiant les gens que l’on voit ou que l’on entend parler, les rangeant dans des cases.

Certains prôneront l’utilité de cette habitude, avoir un clan/tribu/groupe renforce le sentiment de sécurité, de joie, de foyer. Ranger les personnes dans des cases, les étiqueter, rend les choses plus simples pour notre cerveau. Et ce n’est qu’un exemple d’argument parmi d’autres.

Mais à bien y réfléchir, cela ajoute des conditions à notre bonheur, et à notre capacité à le transmettre. On ne se sent bien, uniquement au sein de sa communauté, et on se sent mal à l’aise avec les gens qui n’en font pas partie, qui ne partagent, à priori, pas nos valeurs.

Bien sûr je renforce le trait et j’ai un propos très tranché, mais je pense vraiment que plus on s’identifie par ressemblance et par opposition, plus on a de chances de développer une faille dans notre bonheur. On crée un besoin de certains éléments. On s’attend, à ce que nos proches partagent telle et telle valeur. Que notre monde proche tourne comme on l’imagine, et quand cela change, on glisse lentement dans le « c’était mieux avant » ou « je serai heureux quand/si tel ou tel évènement arrive ».

Donc pour en revenir au propos même de cet article, au titre! Je vous aime, c’est un ressenti, mais j’en fais aussi le choix conscient, essayer de garder cet amour en moi, et de le partager. Soyez aussi différent, ou ressemblant, des autres, que possible. Ce qui en soi ne veux rien dire, il faut effacer les normes et arrêter de se référer à sa propre culture pour estimer l’autre. On ne peut estimer une personne, qu’avec ses propres valeurs, à elle, comme références.

Je vous aime qui que vous soyez. Je vous souhaite d’être heureux/se et en paix, et que vous réussissiez, à nuire le moins possible à votre entourage. Car malheureusement on fait parfois du mal sans le vouloir, sans même s’en rendre compte. Que l’on s’enrichisse et s’amuse de nos ressemblances et différences.

Hey, rassurez-vous je ne veux pas vous faire la morale. Il s’agit simplement de réflexions, de petites choses que j’ai pu constater à mon niveau. Certes ma vie n’a pas été rude, comme cela a pu être le cas pour d’autres personnes. Mais je pense que ceux qui ont déjà vécu, de terribles épreuves, ne refuseront pas un peu d’amour, ou du moins, un peu d’affection attentionnée. C’est parfois dur de la donner, cette affection. Mais ça ne vous est jamais arrivé ? De faire une bonne action, toute simple, envers un inconnu ? On se sent bien après non ?

Pour l’expérimenter depuis un moment déjà, rien ne m’a rendu plus heureux que d’éprouver de l’amour envers tout un chacun et aussi et en commençant par moi-même. En cessant de chercher à voir le malheur partout, le bonheur risque bien de pointer le bout de son nez !

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